Réalisation : Shinichiro Watanabe
Auteur : Hajime Yatate
Studio : Sunrise
Musique : Yôko Kanno
Année de production : 1998
2071… L'espace est entièrement conquis par l'humanité et toute planète sert désormais de colonies à une Terre meurtrie. Telle la ruée vers l'or, cette expansion a instauré un nouveau Far West spatial, où les bandits de tout poil pullulent. C'est là qu'entrent en jeu Spike Spiegel et Jet Black, deux chasseurs de primes aux méthodes expéditives et accessoirement équipage d'un vaisseau : le Bebop. Au fur et à mesure de leurs captures, ils seront rejoints par Faye Valentine l'arnaqueuse, Ed une jeune farfelue aux talents de hacker et Ein un chien au QI développé, unis pour former une redoutable équipe prête à tout pour remplir le frigo !
Sous la direction du génie Shinichiro Watanabe et la création de l'auteur talentueux Hajime Yatate, Cowboy Bebop c'est avant tout un détonnant cocktail d'action très rythmé par moment, le tout sous un fond d'aventure et d'un soupçon de folie. L'univers est très travaillé, infiniment cohérent et sans la naïveté dont on a l'habitude de voir dans certaines autres productions futuristes, le plus souvent axées cyberpunk. Chaque épisode apporte son lot d'émotions, d'humour et de moral ; on peut passer d'un épisode dramatique à un pur délire mais surtout sans que ces écarts ne dérangent. Les scénarios ne sont pas laissés au hasard, chacun bénéficie d'un background original tout en conservant cette crédibilité si forte appuyée par de nombreuses références.
On adhère facilement à l'ambiance portée par des héros charismatiques ; surtout par Spike qui malgré ses chaussures ridicules, réussit à attirer la sympathie de par son caractère cool et une facilité à se débarrasser de ses adversaires toujours avec classe ! D'autant plus que la série distille le passé douloureux des personnages ce qui renforce l'attachement ; le pire c'est qu'on ne sent rend compte que quand la série se termine ! Difficile de réaliser qu'on se sépare de ce beau monde au bout de "seulement 26 épisodes" ! Et puis la VF n'a rien de trop caricatural avec des voix qui collent assez bien, pour une fois que le doublage est loin d'être mauvais…
Le chara design est donc de qualité, en grosse partie aidé par un dessin fin mais surtout remarquablement bien animé qui lui donne une certaine identité, une distinction bienvenue par rapport aux autres anims de son temps. Les décors sont tout aussi soignés, une mention aussi pour les vaisseaux dont les effets en image de synthèse sont parfaitement intégrés.
Les mérites de l'anim tiennent surtout de par son influence très jazzy, de nombreuses musiques aux saveurs seventies ponctuent la série ; des partitions remarquables dont on n'entend que très rarement les styles malheureusement. Une bande son qui devient la base et ce jusqu'à cette fin en apothéose, c'est fortiche quand même !
Cowboy Bebop est une série qui marque indéniablement pour peu qu'on s'intéresse à une réalisation impeccable et à une atmosphère léchée. On ne peut s'empêcher de partager les sentiments de chaque personnage tant l'identification est minutieusement préparée. Shinichiro Watanabe et Hajime Yatate ont réussi le pari de nous faire adhérer à leur univers nostalgique, on leur pardonnera les quelques pertes de régime dûes à quelques épisodes manquant de rythme. D'autant plus que le plaisir est prolongé par un long métrage bénéficiant de la même perfection si ce n'est plus malgré un doublage différent ; il existe désormais aussi un manga mais du coup c'est beaucoup moins intéressant… Et dire que tout était dans le générique… chapeau les gars ! Perso c'est la série qui m'a converti vers l'animation japonaise de qualité, typiquement le genre à convaincre que la Japanim ce n'est pas seulement Goldorak ou Dragon Ball.
Allez, see you space cowboys !