Réalisateur : Andrew Adamson
Genre : Fantastique
Durée : 2h20
Avec : Georgie Henley, Skandar Keynes, William Moseley, Anna Popplewell…
Quatre enfants sont envoyés en pleine campagne britannique par leur mère pour échapper aux bombardements de Londres en 1940. Ils habiteront désormais dans le manoir du professeur Kirke, ami de longue date de la famille, accueillant bien volontiers les mioches au grand dam d'une amère gouvernante. Encore mal à leur aise dans cette nouvelle maison, Edmund le rebelle toujours sermonné par le grand frère Peter, la sereine Susan et la toute petite Lucy s'offrent un moment de détente en jouant à cache-cache dans la demeure. C'est Lucy qui, la première, découvrira par le plus grand des hasards Aslan, un vaste monde enneigé bien étrange… dont la porte d'entrée est une simple armoire !
Bon plan marketing : le voilà qui débarque tout juste avant Noël… et juste après la déferlante Harry Potter pour profiter au maximum des salles ! En fait, la comparaison avec le dernier Harry Potter s'arrête seulement sur le fait qu'ils s'agissent d'adaptations de livres à succès du genre fantastique ; on aurait plutôt tendance à dire que Narnia s'apparente beaucoup plus à la saga du Seigneur des Anneaux.
Impossible de ne pas penser aux films de Peter Jackson tant les ressemblances sont frappantes : le partage d'un très proche univers (« Tolkien style ! ») avec toutes ses créatures, une bataille finale dantesque entre forces du mal et du bien donnant la part belle aux effets spéciaux… Malheureusement, là où les combats pour l'anneau frappent par leur cruauté, ceux du Monde de Narnia paraissent bien fades et manquent légèrement de dynamisme pour vraiment impressionner. Et pas question de laisser traîner une seule giclée d'hémoglobine.
Hein ? Quoi ? Oui je n'ai retenu que ça ; le reste du film lorgnant vers une histoire classique de jeunes ados héros malgré eux, aux liens familiaux assez tendus et jetés dans une guerre fantasmagorique qui ne les concernait pas… d'une naïveté légèrement écœurante ! Ce n'est pas un navet, c'est juste qu'il s'adresse vraiment qu'à un seul public : les gosses, capables de gober l'intrigue sans broncher tel un Candide en manque d'imagination. Il n'y a qu'à voir cette magnifique apparition du père Noël ; la plus ridicule qui m'ait été donné de voir… Même la bande son transforme la première moitié du film en un bien efficace somnifère : on rigole deux fois, on sursaute une fois, on s'endort beaucoup…
La vraie déception c'est que le film effleure à peine la parabole sur la seconde guerre mondiale ; seule une idée ressort via un clin d'œil scénaristique bienvenu. C'est un sujet qui aurait pu être développé bien davantage (à travers l'image du père soldat par exemple) et donner beaucoup plus de sens à cette démarche cinématographique. Dommage, un coup d'essai signé Disney d'une plastique remarquable et avec de bons acteurs prometteurs, qui plaira aux plus petits mais nettement moins aux adultes. Peut-être se rattraperont-ils pour les prochains épisodes… ce que je doute fort.