Réalisateur : Sam Raimi
Genre : Fantastique, Action
Durée : 2h19
Avec : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Topher Grace…
Qu'il est bon d'être un surhomme ! Peter Parker savoure la célébrité qu'il gagne à revêtir son costume rouge, au point d'en oublier les doutes qui le rongeaient encore deux films avant. Peter savoure aussi son anonymat ; profitant de quelques pauses tissages et batifolages avec son amour Mary Jane, il se montre un peu trop fier au point d'accabler sa belle d'un certain complexe d'infériorité bien malgré lui. Voyant la vie en rose, il sent que c'est le bon moment pour faire sa demande de mariage et trouver enfin le bonheur parfait ; c'était sans compter le retour d'un bouffon vert fils à papa, d'un assassin de tonton transformé accidentellement en gravier pour jardin d'enfants, d'un paparazzi rival dans la collecte de scoops sur l'homme-araignée ainsi que d'une mystérieuse substance noire venue du fin fond de l'espace…
Décoiffant ! C'est sûr on en prend pleins les mirettes, moyens colossaux déployés oblige, l'action est sublimement mis en valeur tout au long du film. Enfin le Spidey ressemble à un vrai perso réaliste, dévoilant de moins en moins les imperfections des images de synthèse. Visuellement c'est donc une réussite, l'abus d'effets spéciaux peut filer la nausée par moment mais l'ambiance en ressort renforcée, les minutes défilent sans qu'on s'en rende vraiment compte, scotché dans son strapontin. Mention spéciale pour la naissance de l'homme-sable, une très bonne séquence entièrement synthétique mais poignante. La bande-son se montre par contre un peu trop envahissante par moment, répétitive même. Le jeu d'acteur n'a rien de catastrophique ; Tobey Maguire en héros torturé reste convainquant, ce qui n'est pas forcément le cas du reste du casting.
Hélas ! Tout comme un symbiote pourrit au final l'hôte qu'il possède, les quelques bandes-annonces traînant ça et là pour la promo (et qu'on est obligé de regarder sinon on passe pour un tocard auprès des collègues) ont de nouveau fait office d'horribles spoilers… Les trois-quarts du film sont sans aucune surprise, on devine presque les dialogues mot pour mot tant le scénario est gâché. Scénario léger qui plus est, le tout baigne encore dans la facilité : un blob extra-terrestre raffolant d'êtres humains mais qui ne déniche son bonheur qu'entre les mailles d'un costume, un nouveau bouffon vert qui perd la mémoire quand ça arrange son meilleur pote, un Sandman qui n'a trouvé comme seul remède pour sa gamine que de foutre la merde dans tout New York ou encore un Eddie Brock qui cède bien aisément dans l'envie d'homicide…
Tout s'enchaîne bien trop naïvement, on a du mal à adhérer tant ça reste bien trop fragile, trop prévisible. Des scènes ne servent absolument à rien (comme celle du labo qui consistait juste à caser le mot "symbiote") alors que d'autres auraient bien gagné à être plus consistantes ; un peu plus de Gwen Stacy ou Eddie Brock par exemple, histoire d'étoffer les personnages secondaires. Et que de clichés dans cet opus ! C'est clairement voulu mais on aurait préféré quelque chose de nettement plus astucieux à se mettre sous la dent. Mais heureusement, on a quand même esquivé le fameux gros plan Spider-Man devant un flamboyant drapeau américain… Ah ben non, tiens le voilà !
Reste l'humour, assez omniprésent et qui sauve vraiment l'intrigue : le changement de personnalité surréaliste de Peter Parker donne un grand moment mixant ridicule et grotesque, et chaque minute avec J. Jonah Jameson, le directeur du journal Daily Buggle, demeure un régal. Ayant eu la chance de profiter de la VO, la scène du dîner avec le génialissime restaurateur français (joué par the monument du cinéma) est un pur moment de bonheur. A fond dans le second degré, chaque dose donne vraiment un coup de pouce pour mieux apprécier les transitions entre dialogues plutôt plats et bastons frénétiques.
Un Spider-Man 3 dans la lignée des deux précédents, ni plus ni moins, peut-être même un poil moins. Sam Raimi maintient l'envie de donner toujours plus de profondeur à ses personnages, dévoilant leur facette au grand jour ; ce n'est pas forcément ce que le spectateur souhaite réellement. L'homme-araignée peine encore à vraiment crever l'écran, et ce malgré tous les efforts qu'il déploie à gesticuler entre les buildings ou à filer des coups de tatanes : un comble pour une histoire de super-héros. Les fans peuvent foncer les yeux fermés sans problème ; moi, malgré avoir apprécié le déluge visuel, j'attends toujours le vrai déclic qui me guérira de l'arachnophobie !