L'éditeur
Cenega avait trouvé une petite perle du côté des nombreux studios de développement, à savoir
Plastic Reality Technologies, pour créer un titre complet orienté action et infiltration. Pourtant leur projet de nouveau jeu a pris une tournure bien différente, ce qui a entraîné un retard conséquent. Ca fait presque trois ans maintenant que
El Matador a été annoncé… Il est enfin temps d'entrer dans l'arène !
Pas la peine de chercher l'inspiration bien loin, El Matador est un clône assumé de
Max Payne : un jeu de shoot à la troisième personne, nerveux et abusant du slow motion à tout va. Sauf que cette fois, pas un vieux clône de pacotille ; on sent peut-être là enfin la relève ! Pour se démarquer du modèle, les développeurs ont changé l'orientation du titre en effaçant tous les détails clairement pompés. Exit la blouse en cuir, la jauge de vie et l'histoire de vengeance !
Un bon point donc : El Matador trouve son identité dans un scénar pas forcément glorieux mais unique. vous jouez Victor Corbet, agent de la DEA et grand amateur de gunfights, lancé sur la piste de "La Valedora" une puissante organisation colombienne rassemblant la crême du cartel de la drogue. L'agence américaine débarque donc toutes ses équipes pour contrecarrer une grosse opération de narco-trafic, Victor tenant le rôle de Bruce Willis. Bon on ne peut pas dire que son charisme surclasse celui de Max, mais l'ambiance et l'intensité qui se dégage du titre vaut largement le détour.
Que les accros du tir non-stop fassent une ola : El Matador défend la bourrin' attitude comme jamais ! Aucun temps mort, des ennemis à foisons, des balles qui fusent ça et là, un festival d'explosions… Ormis dans le tutorial, on est plongé tête la première dans une débauche de sauvagerie et de violence, faisant perdre toute crédibilité à la signalétique "16+" ! Bourrin = mauvais ? Pas sûr, surtout que l'intelligence artificielle des ennemis reste assez bluffante, rendant la tâche bien plus ardue. La difficulté se fait déjà sentir dans le mode normal (je veux même pas imaginer le mode nightmare), et pas question de se manger un tir à bout portant ou c'est le gameover assuré. Et même si quelques compagnons vous couvrent habilement, la corvée de nettoyage devient bien vite complexe quand des hordes débarquent avec une efficacité pour la visée un poil trop abusive. Les adeptes du « F5-F9 » vont s'en donner à coeur joie !
Bref, à l'époque où l'on pouvait encore se passer du "bullet time", taxé assez injustement de gadget technologique, il devient ici pratiquement indispensable. Le mode ralenti donne un net avantage pour se sortir d'un gros bordel et reposer quelque peu ses doigts. Victor se jette arme la première, dézingant le moindre petit bout de chorizo qui dépasserait du décor ; le massacre étant la seule manière de recharger sa jauge de ralenti. Il faut aussi penser à fouiller les placards et les morts afin de dénicher quelques médikits ou gillets pare-balle, voire quelques munitions qui deviennent très vite une denrée rare.
Une trentaine d'armes très différentes (certaines possédant même plusieurs modes de tir) ainsi que quelques grenades vous attendent, enrichissant un peu plus le gameplay. Seul regret, à peine atténué par l'aide à la visée : ne pas proposer au joueur de pouvoir lui-même se couvrir au détour d'un pilier par exemple, afin d'éviter le plomb dans l'aile. En revanche, une très bonne idée est d'avoir intégré la gestion des ricochets, permettant de se débarrasser des vilains qui se seraient bien cachés : selon l'angle de tir et bien sûr la surface visée, les balles peuvent atteindre des endroits inaccessibles. Et c'est sans compter les classiques bidons d'essence ou tonneaux à pétrole qui peuvent transformer un niveau en un gigantesque barbecue sauce chili !
Graphiquement, El Matador n'est plus aussi impressionnant qu'à ses débuts ; gros retard oblige. Toutefois, ça reste d'un bon niveau par rapport à la majorité des productions actuelles, affichant des jeux de lumière sublimes et quelques coins de verdure bien modélisés. Les ruelles colombiennes n'ont pas le charme des cartes postales mais renforcent l'atmosphère brutal via des décors presque entièrement destructibles. Et le tout reste optimisé pour peu qu'on ait une assez bonne machine. Le moteur physique quant à lui reste correct : on rencontre encore quelques bugs bénins comme des objets aux comportements surréalistes dès qu'ils sont soumis à une collision ; mais le simple fait d'user des interactions comme dans
Half-Life 2 donne des situations bien marrantes, à base d'écrasements et de chutes sévères !
A défaut de révolutionner vraiment, El Matador affine ; aidé d'une part par des graphismes vraiment sympas, mais aussi une IA poussée et très agressive, relevant clairement la difficulté d'un niveau. Finalement, le fait d'avoir passé à la trappe des phases d'infiltration ou de courses en véhicule n'est peut-être pas une si grande perte ; le rythme effréné restant continu. Reste à savoir si le titre dépassera la dizaine d'heures, car s'il y a bien une constante dans ce type de jeu, c'est d'être dégoûté de son achat qui n'aura tenu qu'un après-midi. Ca sort uniquement sur
PC pour la fin du mois ; reste plus qu'à croiser les doigts pour avoir les oreilles et la queue !
Démo 1 (Clubic)
Démo 2 (Clubic)