Que de souvenirs… Presqu'une décade après un
Caesar III des plus réussis et marquant indélébilement le genre gestion, un nouvel opus désire s'imposer comme véritable remise au goût du jour des city-builders. Ce
Caesar IV, développé par
Tilted Mill Entertainment, en jette clairement ; mais est-ce que ça suffira face à la concurrence ?
En fait, pour les fans de la première heure, c'est une certitude que Caesar IV comblera leurs attentes. On retrouve très rapidement les mêmes mécanismes qui ont fait le succès de la série : un peuple grognon qui désire se loger, se nourrir, s'offrir des bibelots et accéder à tous les services qui feront de la vie une parfaite harmonie entre santé, loisir et spiritualité. Comme d'habitude, une ribambelle de bâtiments divers et créateurs d'emplois fournit matières premières, services municipaux ou encore le moyen de se défendre face aux invasions. A noter une division de l'ensemble des travailleurs ; les populations les plus modestes trouveront des métiers dans les tâches les plus pénibles comme la récolte des ressources ou l'industrie, tandis que les classes moyennes préfèreront s'atteler à l'éducation ou l'hygiène des habitants. Bien entendu, les salaires sont nettement différents ! Trop de service nuirait très rapidement aux caisses de la cité, surtout que les augmentations d'impôts sont loin d'être appréciées par l'ensemble de la population.
Rien de mieux alors que de construire des habitats luxueux pour les nobles, les seuls qui préfèrent rester à croquer des grappes de raisin plutôt que de mettre la main dans le cambouis ! En les attirant, ils offriront un net avantage financier puisque non réticents aux taxes ; mais leurs besoins sont beaucoup plus rigides, il faudra les couvrir de poteries, produits de luxe et autres statuettes et jardins près de leurs villas. Pas question de traîner avec les pauvres, il faut organiser la ville sous forme de quartier pour être certain que l'attrait soit maximum et que l'accès aux services reste garanti. Tout est une question d'équilibre ; les attentes étant différentes selon les classes, l'organisation de la cité devient un véritable casse-tête à partir du moment où elle s'agrandit : un mauvais choix et c'est l'exode massif ! Un peu d'aide du côté des conseillers n'est pas de refus, ils distilleront quelques recommandations pertinentes pour augmenter le prestige de la cité.
L'autre moyen pour récolter quelques Sesterces passe bien sûr par le commerce ; nombreuses sont les villes qui désirent échanger avec l'Empire Romain. Il suffit d'ouvrir des routes commerciales via la map du monde, les communications peuvent aussi bien passer par voie maritime que terrestre. Il faudra donc toujours veiller à l'approvisionnement des stocks pour éviter que des marchandises nécessaires au maintien de la population soient distribuées aux autres cités. Inversement, trop d'importations est inutile et encombre les stands tant que les citoyens romains n'en éprouvent pas le besoin. Et n'oubliez pas les Dieux ! Si les temples restent un bon moyen pour attirer leur attention, préparer festivals et sauteries en leur honneur permettra d'éviter leur courroux et peut-être obtenir quelques faveurs bienvenues. Attention à ne pas privilégier une divinité en particulier, la jalousie semble leur être un passe-temps !
Pour se protéger des attaques externes, remparts, tours et légionnaires seront nécessaires ; ces derniers pourront être enrôlés via des forts si la ville dispose d'armes pour pouvoir les équiper. Le jeu se permet un poil plus de stratégie en permettant par exemple d'augmenter l'expérience de ses soldats en les entraînant ou de créer des catapultes. Mais il s'agit toujours d'un aspect un peu négligé, Caesar IV voulant surtout mettre l'accent sur l'organisation de la cité plutôt que les combats. C'est sûrement pour cette raison que les pots de vin existent ; pas besoin de s'offrir une armée si l'on peut s'offrir l'ennemi !
Bref clairement assez peu de différences avec les précédents opus du genre ; tous les fondamentaux du gameplay ont déjà été réutilisés maintes et maintes fois, la peur d'une réelle lassitude pourrait certainement jouer en sa défaveur. Toutefois la technique est de pointe, les graphismes en 3D apportent un intérêt non négligeable… même s'il faudra une bête de course ! Rien que la démo permet de constater que le moteur est très gourmand et qu'il sera sûrement nécessaire de baisser quelques détails même pour les machines les plus récentes. L'absence de mode multijoueur est compensée par la campagne qui s'annonce bien longue, ainsi que de la mise à disposition d'un éditeur de niveau pour les mappeurs en herbe.
Retrouver l'univers de la Rome antique dans un tout neuf et fort joli city-builder fait difficilement face au manque de nouveauté du soft. Seuls les accros et les nouveaux pourraient apprécier ce Caesar cuvée 2006 à sa juste valeur, les joueurs modérés pourront avoir du mal à retrouver un gameplay vu et archi-revu alors que d'autres jeux de gestion comme
Civilization IV ou très bientôt
Anno 1701 ont mis la barre bien plus haut. Sorti aujourd'hui et édité par
Sierra, on espère tout de même que d'autres qualités se dégageront dans le résultat final.
Site officiel de Caesar IV
Démo de Caesar IV