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Ludothèque |
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| Plate-forme : |
| | PC |
| Genre : |
| | Aventure |
| Editeur : |
| | Microïds |
| Développeur : |
| | Microïds |
| Date de sortie : |
| | 30 Mai 2002 |
| Recommandations : |
| | Tout public |
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Screenshots |
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L'avis des joueurs : 17.7/20 |
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Après le très bon "L'Amerzone", un Myst-like très original, Microïds et Benoît Sokal remettent le paquet pour une nouvelle aventure captivante et splendide. Qui a dit que les jeux d'aventure c'était avant tout les énigmes ?
Syberia c'est d'abord un travail d'auteur ; Benoît Sokal, talentueux dessinateur de bandes-dessinées et désormais concepteur de jeux vidéo, a participé à tous les stades de la création de son titre développé par Microïds. À un tel point que chaque aspect de Syberia reflète son talent et son désir d'évasion : tout aussi bien dans l'histoire que les graphismes, les musiques, les défis…
Syberia nous fait suivre le quotidien d'une avocate, Kate Walker, envoyée de son bureau à New York jusqu'à un petit village paumé au coeur des Alpes, afin de conclure le rachat d'une vieille usine d'automates. Aaaah mondialisation quand tu nous tiens… Pas très palpitant, rien ne laissait supposer que notre héroïne allait rompre avec son ordinaire et pourtant… Arrivée à Valadilène, Kate Walker est immédiatement confrontée à un fait indéniable : Anna Voralberg, dernière propriétaire de l'usine, vient de décéder et a légué son bien à l'ultime héritier de la famille, son plus jeune frère Hans Voralberg. Ce dernier est le génie créateur des multiples automates qui ont fait la réputation de la fabrique, mais malheureusement disparu dans le grand froid de Sibérie, en quête d'un but illusoire. Une seule solution s'offrira à Kate : partir à la recherche de Hans à travers toute l'Europe de l'Est, en suivant les traces de l'étonnant inventeur de mécanismes et robots, tout en étant accompagnée d'un bien singulier compagnon de voyage !
Sans trop en dire, voici donc le prétexte à un voyage insolite, une plongée dans un univers limite naïf mais diablement prenant et envoûtant. Sokal axe son odyssée sur un émerveillement constant partagé avec l'héroïne, en particulier à travers la découverte des machines disséminées par Hans tout au long de son voyage. Syberia met donc l'accent sur l'identification ; on ne joue pas Kate… on devient Kate ! D'autant plus que le scénario conserve une certaine crédibilité, par exemple pour suppléer l'habituelle recherche d'indices, quelques personnages et donc dialogues ne servent absolument pas à faire avancer l'intrigue… On a même droit aux déboires conjugaux de Kate par l'intermédiaire de son téléphone portable ! Qu'on soit petit ou grand, l'ambiance accroche forcément ; pour peu qu'on ait un léger intérêt pour l'imagination débordante de Sokal.
Bien évidemment, Syberia ne serait pas aussi attrayant si graphiquement le titre était monotone. Bien au contraire ! Chaque environnement, chaque nouvelle ville est synonyme d'éblouissement ; les décors en 2D ont bénéficié d'un traitement presque photo-réaliste, la recherche architecturale se ressent à chaque endroit visité, le travail effectué est tout bonnement impressionnant. Surtout que pour se distinguer de "simples" œuvres statiques, quelques détails rendent ces tableaux vivants : oiseaux qui virevoltent, nuages capricieux, ruisseaux sous les ponts… Ces petits riens qui font les bons jeux ! Les quelques cinématiques ponctuant l'aventure sont magnifiques et bien souvent remplies de poésie. Mais malgré tous les efforts apportés, un aspect fait vraiment tâche. Sans casser des briques, la 3D n'a rien d'exceptionnelle ; les personnages manquent de fluidité, et comparées aux magnifiques jeux de lumière sur les extérieurs, les ombres sont ratées. Le contraste se ressent énormément : d'un côté des décors d'une grande finesse et fourmillant de détails, de l'autre de l'aliasing un peu foireux à cause d'une résolution bloquée (800*600). Toutefois ça ne gêne en rien l'aventure, les exigeants seront perturbés au début mais bien vite cette petite tare s'efface.
Quant à la bande son, rien à dire c'est parfait ! Le doublage est très convainquant, les effets sonores réussis et c'est un réel plaisir d'entendre toutes ces machineries grincer ! Les musiques sont à l'effigie des environnements : magistrales. Digne des plus jolies symphonies harmoniques, les partitions sont très reposantes et donc bien représentatives du jeu. L'ambiance de Syberia doit énormément à sa réalisation ; Sokal nous rappelle qu'il est quand même un grand artiste !
Niveau gameplay, Syberia s'oriente vers le jeu d'aventure point'n click saupoudré de Myst ; certaines énigmes se résolvant sur écran fixe, en vue subjective… Toujours inspiré par "L'Amerzone", n'est-ce pas Benoit ! L'ergonomie est simple et classique : jeu à la souris, gestion d'un inventaire, recherche d'indices en discutant avec les personnages non joueurs… Rien de bien original de ce côté-là. Toutefois le défi n'est pas très corsé, l'intérêt étant de ne pas rester bloqué très longtemps ; ça a l'avantage de conserver une certaine intensité, les énigmes suivant toujours une visible logique. La grosse contrepartie est que la durée de vie devient du coup très décevante ; les plus ardus peuvent terminer Syberia en moins d'une dizaine d'heures. Et c'est sans compter un certain manque de fun, accentué par un rythme scénaristique léger. Dommage pour un jeu qui avait pour vocation de ranimer un genre boudé par les développeurs.
Mais après tout, Syberia est-ce vraiment un jeu ? Peut-être que oui, peut-être que non… Perso je trouve que c'est le genre de soft qui tend simplement à démontrer que les jeux vidéo ça devient de l'art.
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