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Beaucoup l'ont attendu, et bien le voilà ! Le jeu "King Kong", adaptation sur PC et consoles du film éponyme, est sorti en Novembre dernier. La nouvelle création de Michel Ancel était attendue au tournant par bon nombre de joueurs. Mais étant tirée d'un film, on peut avoir peur de cette énième conversion cinéma / jeu vidéo. Pour une fois, c'est passable…
Votre aventure commence dans une des chaloupes du cargo "Venture", sur lequel vous avez tiré huit semaines de mer pour atteindre une île énigmatique non répertoriée : Skull Island. Carl Denham, réalisateur au bord de la ruine, vous entraîne dans ce périple avec une certaine Ann Darrow, une actrice méconnue, ainsi que l'équipage du bateau dont Hayes le second du navire. Vous jouez Jack Dricoll, chargé de pondre un script digne de ce nom pour Denham. Malheureusement, la mer extrêmement démontée bousille votre barque, vous faisant tomber à la mer. Vous vous réveillez sur l'île, un peu sonné ; un des membres de l'équipage est mort. Votre chaloupe endommagée vous empêche de retourner au Venture. Vous vous décidez donc à parcourir l'île avec vos trois acolytes (vous n'avez pas trop le choix surtout…) puis tout à coup, des créatures sortent de l'ombre et vous attaquent. Vous vous défendez tant bien que mal avec les moyens du bord. A un moment, quelque chose résonne dans toute la jungle ; le hurlement d'un animal gigantesque que vous croiserez plus d'une fois : Kong, le seigneur de la jungle, gorille de plus de huit mètres de haut qui, à un moment de l'histoire, tombera amoureux d'Ann et la kidnappera. Une épopée qui vous emmènera dans tout Skull Island à la recherche de la belle…
Le soft, graphiquement acceptable, n'est pas ce qu'on est en droit d'attendre aujourd'hui : les couleurs sont fades, les effets sont plutôt moches (notamment les flammes et la pluie), c'est assez carré. Le seul élément qui soit beau, c'est Kong lui-même. Les dinosaures auraient mérité une meilleure finition, notamment les brontosaures. Autre point noir : des "murs invisibles" nous barrent souvent la route, séparant les zones de jeu aux simples décors ; et il est assez énervant de constater que de telles choses subsistent encore aujourd'hui dans les jeux vidéo. La jungle par contre est très bien représentée : dense, gigantesque et menaçante. Les cascades achèvent de rendre ce paysage très réaliste. Mais vers la fin du jeu, on fait un retour de quelques années en arrière en voyant la modélisation de New-York : on croirait un jeu de PSone ; c'est immonde.
Niveau ambiance, c'est dans le même ordre d'idée : pas mal, mais il y a mieux. Une jungle qui est étonnament calme, une faune quasi muette à part les hurlements (scriptés) de Kong. Très dirigiste aussi : j'ai jamais vu une jungle aussi facile à parcourir. C'est très linéaire et du coup, on s'ennuie. Mais positivement, dès qu'un combat commence, une musique très héroïque se fait entendre. Dans le même ordre d'idée, dès qu'un de vos coéquipiers se fait attaquer, il vous appelle à l'aide, terrorisé. On flippe bien lorsque l'on arrive sur le territoire d'animaux faisant penser à des scorpions géants ; qui sont à mes yeux plus terrifiant que les dinos. D'ailleurs, si vous êtes blessé, l'écran se trouble, une couleur sang envahit l'écran et c'est généralement à ces moments là qu'on a vraiment peur. Même en vous approchant des ronces, vous vous blessez… Fallait y penser… Obéissant à une certaine logique, la possibilité de parler à ses compagnons d'infortune à n'importe quel moment fait également pencher la balance vers le bon côté. L'absence d'inventaire aide encore à parfaire cette ambiance des plus réalistes ; par exemple pour connaître votre nombre de chargeurs restants, il vous faut appuyer sur une touche faite exprès pour cela. De même, le protagoniste nage… avec ses bras ; pas comme certains personnages d'autres FPS. Autre exemple : quand la végétation est trop touffue, votre personnage ralentit et se dégage un passage avec la main. Dernier détail, les bandes noires style écran 16/9ème finissent de rendre ce titre assez immersif et proche du film, mais sans pour autant arriver à la cheville d'un Call of Duty. Dommage.
La bande-son aurait gagné à être perfectionnée, même si c'est déjà bien. Le bruit de la végétation et des cascades sont particulièrement réussis, et aident donc à nous plonger dans le jeu. Les hurlements des animaux (à part ceux de Kong) sont malheureusement assez bidons. Mais bon, personne n'était là pour écouter les bruits que faisaient les animaux préhistoriques ! Autre déception : en parcourant la jungle, on n'entend aucun bruit d'animaux au loin, aucun gazouillement, rien. Ca n'arrive que trois secondes avant un combat. La musique d'ambiance ne sert à rien : ça ne remplace pas l'atmosphère inquiétante d'une jungle. C'est un peu bête, mais on ne peut pas penser à tout.
N'oublions pas le gameplay ! Lorsqu'on joue Jack, on pique des crises de colère parfois violentes. C'est lent et un peu raté parfois. Pour preuve, le personnage principal ne peut même pas sauter, ce qui semblera assez impensable pour tous les fans de FPS. Mais tout cela aide mine de rien au réalisme : vous y croyez vous au type qui fait des bonds d'un mètre de haut ? Moi non ! En fait c'est srtout que le maniement de Jack est très frustrant. Heureusement, au bout d'un moment on prend le contrôle de Kong et là on s'amuse bien ! Enchaînements de mandales dignes de Conan, des sauts très impressionnants… mais le must, c'est le mode "Furie" et la mise à mort des ennemis. Pour l'enclencher, il suffit d'appuyer frénétiquement sur la touche désignée, notre singe favori se met alors à hurler puissamment et tous ses coups deviennent quasiment deux fois plus puissants. Jouissif ! Quand votre ennemi est groggy, il vous faut de nouveau appuyer à répétition sur une touche (décidément…) pour lui briser soit la mâchoire, soit le dos. C'est bien beau tout ça, mais c'est un peu trop bourrin quand même. La seule pointe de subtilité réside dans l'exploration des niveaux, mais il suffit juste de sauter au bon moment, et faut avouer que c'est pas trop difficile. Bref, on aurait aimé que ce soit un peu plus compliqué…
Enfin, le truc qui fâche : la durée de vie. Pour tout vous dire, j'ai terminé le soft en deux jours, en à peu près huit heures de jeu. D'autant plus qu'on ne peut pas sélectionner d'autres modes de difficulté. La seule alternative réside dans le fait que l'on peut recommencer le jeu pour obtenir un certain nombre de points er accéder à divers "extras". De même, un code online vous est donné selon votre progression, et pour jouir des bonus qu'il procure, il faut préalablement enregistrer votre jeu sur le site d'UbiSoft. C'est bien sympa tout ça, mais dépenser 60€ pour un week-end à peine sympathique, ça fait un peu mal au porte-monnaie…
D'autant plus que le jeu souffre d'un autre problème ; n'espérez pas jouer à King Kong avec une carte graphique ATI : le jeu a été largement optimisé Nvidia. Et encore, « optimisé » est un bien grand mot. En parcourant nombre de forums, bon nombre de joueurs même les mieux nantis niveau configuration subissent de gros ralentissements. Avec un Pentium 2.6 GHz , 768 Mo de Ram et une Radeon X800GT (config' de test), de très gros problèmes de fluidité subsistent. Rageant. En gros, si vous voulez profiter pleinement du plaisir de jeu que pourrait procurer ce soft, procurez-vous la version Xbox 360 : c'est un peu plus joli et tellement plus fluide…
King Kong, que l'on attendait comme une mini révolution, n'est en définitive qu'un jeu décevant, d'autant plus que l'on était en droit d'attendre quelque chose de meilleur de la part du créateur de Rayman. Mais mis à part les problèmes de ralentissements (exclusivement sur PC, ouiiiin !), ce jeu demeure l'un des rares bons portages de film existants sur le marché.
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