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15 Novembre 2005
Realms of the Haunting par Pixelpirate
Ludothèque
 Plate-forme :
  PC
 Genre :
  Action / Aventure
 Editeur :
  Interplay
 Développeur :
  Gremlin Interactive
 Date de sortie :
  Janvier 1997
 Recommandations :
  + de 12 ans
  Site officiel

Screenshots
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L'avis des joueurs : -/20
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C'est la grande époque de l'aventure en full motion video : un an plus tôt, Gabriel Knight II avait conquis des milliers de joueurs avec ses séquences entièrement filmées mettant en scène des acteurs professionnels.
C'est aussi la grande époque du Quake-like (ou Duke-like si l'on veut), avec une avalanche de titres du genre qui sortaient chaque mois sans la moindre pitié pour nos portefeuilles.
C'est enfin la grande mode du « Survival Horror », héritée du cinéma, lancée sur PC avec Alone in the Dark, et qui ne semble jamais s'être éteinte depuis.

Realms of the Haunting, c'est un OVNI atterri sur PC à Noël 1996. Les développeurs de Gremlin décident de ne pas se lancer dans un genre prédéfini, mais d'en intégrer plusieurs dans un cocktail comme on n'en avait encore jamais vu.
Pour résumer ce mélange de genres, Realms of the Haunting (RotH) est un jeu d'aventure en 3D ponctué de phases de shoot et de séquences video. Grosses craintes de la part des mags de jeux à l'époque : face aux derniers Quake-like en date, les screens de RotH ne semblent pas faire le poids (rappelons que c'était un jeu DOS !); et d'un autre côté, on peut difficilement le considérer comme un jeu d'aventure en raison de l'intégration de ces phases de shoot.

Aussi sort-il dans une relative indifférence. Et pourtant…

In the beginning…

Le joueur y incarne Adam Randall, un jeune homme troublé par ses cauchemars depuis la mort de son père. Ce dernier lui ayant légué sa demeure, une série de lettres, et un mystérieux paquet, il décide de se lancer sur ses traces afin de mettre un terme à ces visions qui le hantent (d'où le titre du soft).

Le jeu démarre au moment-même où, ayant pénétré dans le manoir hérité de son père, la double-porte d'entrée se referme derrière Adam. Le cliché propre aux films d'épouvante en fera sourire certains, mais force est de constater que pour peu qu'on y joue tard le soir et lumières éteintes, RotH réussit son pari et fiche royalement les pétoches - j'y reviendrai !
L'environnement est en 3D mappée temps réel, et le jeu se déroule à la première personne, à l'instar d'un Doom II ou d'un Duke Nukem 3D. En mode SVGA, les graphismes sont très fins, avec des textures franchement réussies (il faut voir la qualité des tapisseries et des tableaux accrochés aux murs). Votre personnage progresse librement dans cet environnement, muni d'un pistolet automatique et d'un sac dans lequel il est possible de ranger à peu près tout ce qu'il trouve durant l'aventure. Il est d'ailleurs intéressant de préciser que le jeu comporte des niveaux de difficulté différents : choisissez le niveau le plus difficile et il vous faudra sélectionner l'objet adéquat de votre inventaire pour interagir avec l'environnement; choisissez le niveau le plus facile et l'objet adapté se retrouvera automatiquement placé dans votre main. Une excellente idée !



Premières rencontres…

Rapidement, vous rencontrerez une jeune fille aux talents de médium, Rebecca, incapable de vous fournir une explication logique de sa présence dans le manoir. C'est l'occasion d'une des premières et nombreuses séquences video du jeu, en plein écran (vive le DOS !) et dont la qualité était assez extraordinaire pour l'époque. Il est également surprenant de constater à quel point la cohésion entre les décors de ces scènes vidéo et les environnements 3D du jeu a été préservée. Les décorateurs des séquences vidéo et les graphistes du jeu ont travaillé en étroite collaboration, et cela se voit !
Rebecca vous accompagnera ensuite durant une grande partie de l'aventure: elle ne sera pas visible dans l'environnement 3D, mais ses interventions sonores ponctueront votre progression : parfois amusantes, parfois effrayantes (lorsqu'elle vous prévient d'une présence hostile), parfois agaçantes il faut bien le dire ! A noter que toutes les voix ont été doublées en français d'une façon tout à fait correcte.



Vous ne tarderez pas non plus à effectuer dans le manoir vos premières mauvaises rencontres, et ce sera pour vous l'occasion de sortir votre arme pour les fameuses phases de shoot. Celles-ci sont un peu décevantes.
Certes la variété des armes est excellente (les armes classiques telles que les différents couteaux, révolvers et fusils à pompe seront vite remplacées par des armes moins conventionnelles, propres à éliminer les créatures démoniaques). Mais ce sont les ennemis qui pêchent. Leur modélisation en full-motion capture est assez inégale (certains créatures ne ressemblent à rien alors que d'autres sont très réussies), et leur comportement fait défaut : très difficiles à abattre à la base (surtout que les munitions ne sont pas légion), ils se retrouvent parfois bloqués par des obstacles du décor, comme le coin d'un mur ou un coffre placé entre eux et vous. Ce qui vous rend la tâche parfois trop difficile, parfois trop facile.

Par contre, ces phases de shoot ne nuisent pas à l'aventure elle-même : toujours intégrées logiquement, elles ne dépareillent pas et permettrent de maintenir un rythme soutenu et un trouillomètre à zéro. Exemple : quel sursaut lorsque, contemplant mon personnage dans un miroir, j'y ai vu la porte derrière moi s'ouvrir pour laisser apparaître deux créatures inconnues !

La porte vers d'autres mondes…

Concernant sa durée de vie, RotH est une aventure de longue haleine ! C'est simple : hormis Daggerfall (dont certaines zones avaient été construites aléatoirement et paraissaient parfois un peu vides et répétitives), jamais je n'ai vu d'univers aussi grand dans un jeu 3D. On pense d'abord que notre progression va se résumer à une exploration du manoir, mais il va vite s'avérer qu'il n'est qu'une porte vers d'autres univers parallèles (certains magnifiques, certains terriblement effrayants) que vous devrez explorer.



Le scénario est bon, voire très bon : basique au début, il se complexifie très vite avec l'arrivée d'une confrérie de templiers, et vos rencontres avec des démons élémentaires (Belzébuth, Bélial…) incarnés par des acteurs au physique intéressant (mention spéciale pour Bélial !). L'apparition du « type au chapeau » est à chaque fois un intense moment de frayeur.

Mais je vous l'ai déjà dit : ce jeu file vite les pétoches ! Non seulement parce qu'il est hautement immersif (les graphismes renforcent la sensation d'oppression et l'ambiance sonore est excellente). Mais surtout parce que les développeurs de Gremlin ont effectué un véritable tour de force en modélisant le manoir comme un Tout, dont on peut apercevoir les extérieurs par les différentes fenêtres et baies vitrées (parc arboré sous la pluie et la tempête - question horreur on ne se refait pas !). Un petit exemple : dans l'aile nord du manoir, il y a une pièce du rez-de-chaussée dont je ne parvenais pas à ouvrir la porte, mais je savais qu'il s'agissait de la cuisine parce que je pouvais la distinguer depuis la fenêtre du bureau situé au premier étage. Hors, à un moment où je fouillais le bureau, quelle ne fut pas ma surprise de voir par la fenêtre que la cuisine s'était allumée ! Je vous laisse imaginer la frayeur que j'ai eue lorsque quelques secondes plus tard, des pas se faisaient entendre dans l'escalier qui montait au bureau…



Ce n'est qu'une anecdote, et nombreuses sont les sensations procurées par RotH. L'alchimie est parfaite et on fait rapidement abstraction des phases de shoot assez moyennes pour s'immerger complètement dans l'aventure.

Et pourtant…

Ce qui est triste, c'est que Realms of the Haunting n'ait pas connu un gros succès. Ceux qui y ont joué à l'époque l'ont beaucoup apprécié, mais peu ont eu le « courage » de se le procurer. Si de nombreux joueurs firent l'impasse, cela tient à mon avis à ce que d'un côté les fans de FPS ont estimé qu'il n'égalait pas les dernières productions en date, et que de l'autre les aficionados de l'aventure pure et dure n'ont pas apprécié les phases de shoot.

On en restera donc sur un succès d'estime et puisse ce test le faire connaître et tenter de nombreux joueurs de rattraper le temps perdu !

PS : On trouve sur le net pas mal de joueurs fans de Realms of the Haunting, voici donc un fansite : www.RealmsoftheHaunting.com
(c'est de là que sont extraits quelques screens ainsi que la piste sonore suivante, qui vous donne une idée de la musique d'intro)



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